Confession Cent-Onze


Tell me what you feel in your room when the full moon is shining in upon you and your lamp is dying out...

~Henri Frederic Amiel

Confession Cent-Neuf


Mon coeur est un palais plein de parfums flottants
Qui s'endorment parfois aux plis de ma mémoire,
Et le brusque réveil de leurs bouquets latents
- Sachets glissés au coin de la profonde armoire -
Soulève le linceul de mes plaisirs défunts
Et délie en pleurant leurs tristes bandelettes...
Puissance exquise, dieux évocateurs, parfums,
Laissez fumer vers moi vos riches cassolettes !
Parfum des fleurs d'avril, senteur des fenaisons,
Odeur du premier feu dans les chambres humides,
Arômes épandus dans les vieilles maisons
Et pâmés au velours des tentures rigides ;
Apaisante saveur qui s'échappe du four,
Parfum qui s'alanguit aux sombres reliures,
Souvenir effacé de notre jeune amour
Qui s'éveille et soupire au goût des chevelures ;
Fumet du vin qui pousse au blasphème brutal,
Douceur du grain d'encens qui fait qu'on s'humilie,
Arome jubilant de l'azur matinal,
Parfums exaspérés de la terre amollie ;
Souffle des mers chargés de varech et de sel,
Tiède enveloppement de la grange bondée,
Torpeur claustrale éparse aux pages du missel,
Acre ferment du sol qui fume après l'ondée ;
Odeur des bois à l'aube et des chauds espaliers,
Enivrante fraîcheur qui coule des lessives,
Baumes vivifiants aux parfums familiers,
Vapeur du thé qui chante en montant aux solives !
- J'ai dans mon coeur un parc où s'égarent mes maux,
Des vases transparents où le lilas se fane,
Un scapulaire où dort le buis des saints rameaux,
Des flacons de poison et d'essence profane.
Des fruits trop tôt cueillis mûrissent lentement
En un coin retiré sur des nattes de paille,
Et l'arome subtil de leur avortement
Se dégage au travers d'une invisible entaille...
- Et mon fixe regard qui veille dans la nuit
Sait un caveau secret que la myrrhe parfume,
Où mon passé plaintif, pâlissant et réduit,
Est un amas de cendre encor chaude qui fume.
- Je vais buvant l'haleine et les fluidités
Des odorants frissons que le vent éparpille,
Et j'ai fait de mon coeur, aux pieds des voluptés,
Un vase d'Orient où brûle une pastille...

Anna de Noailles, Les parfums

Confession Cent-Huit



Song of the Witches
by
William Shakespeare

From Macbeth, Act IV, Scene 1

Round about the cauldron go:
In the poisoned entrails throw.
Toad, that under cold stone
Days and nights has thirty-one
Sweated venom sleeping got,
Boil thou first i’ the charmed pot.

Double, double toil and trouble;
Fire burn and cauldron bubble.

Fillet of a fenny snake,
In the cauldron boil and bake;
Eye of newt and toe of frog,
Wool of bat and tongue of dog,
Adder's fork and blind-worm's sting,
Lizard's leg and owlet's wing.
For a charm of powerful trouble,
Like a hell-broth boil and bubble.

Double, double toil and trouble;
Fire burn and cauldron bubble.

Scale of dragon, tooth of wolf,
Witch's mummy, maw and gulf
Of the ravin'd salt-sea shark,
Root of hemlock digg'd i’ the dark,
Liver of blaspheming Jew;
Gall of goat; and slips of yew
Sliver'd in the moon's eclipse;
Nose of Turk, and Tartar's lips;
Finger of birth-strangled babe
Ditch-deliver'd by a drab,
Make the gruel thick and slab:
Add thereto a tiger's chaudron,
For the ingredients of our cauldron.

Double, double toil and trouble,
Fire burn and cauldron bubble.

Cool it with a baboon's blood,
Then the charm is firm and good.

Confession Cent-Sept

Ce n'est pas trop que de naître et de créer chaque jour. Elle est froide d'émotion, la main couleur de bronze qui court, s'arrête, biffe, repart, froide d'une jeune émotion. L'avare amour ne voulait-il pas m'emplir le creux des paumes d'un petit trésor racorni? Je ne cueillerai plus que par brassées. De grandes brassées de vent, d'atomes colorés, de vide généreux, que je déchargerai sur l'aire avec orgueil... 

Colette, La naissance du jour


Confession Cent-Six


Uniform
Dream cites freedom
Avow
Relent
Such suffering
Few certain

And here I lay (my lord)

Mark Hollis, A Life

Confession Cent-Quatre


Poetry should surprise by a fine excess and not by singularity, it should strike the reader as a wording of his own highest thoughts, and appear almost a remembrance.

John Keats

Confession Cent-Trois


"I have dreamed in my life, dreams that have stayed with me ever after, and changed my ideas; they have gone through and through me, like wine through water, and altered the color of my mind."

Emily Bronte

Confession Cent-Un

The one thing that you have that nobody else has is you. Your voice, your mind, your story, your vision. So write and draw and build and play and dance and live as only you can.

Neil Gaiman


Confession Cent-Trente

You are all the combinations of numbers. life. My wish is to understand lines form shades movement. You fulfill and I receive. Your word travels the entirety of space and reaches my cells which are my stars then goes to yours which are my light.

Frida Kahlo, The Diary of Frida Kahlo: An Intimate Self-Portrait (Auxochrome — Chromophore)


Confession Cent-Vingt-Neuf

“Lie still, lie still, my breaking heart;
My silent heart, lie still and break:
Life, and the world, and mine own self, are changed
For a dream's sake.”
― Christina Rossetti


Confession Cent-Vingt-Huit


“I see nothing. We may sink and settle on the waves. The sea will drum in my ears. The white petals will be darkened with sea water. They will float for a moment and then sink. Rolling over the waves will shoulder me under. Everything falls in a tremendous shower, dissolving me.”
― Virginia Woolf, The Waves


Confession Cent-Vingt-Sept

Au lieu d'un désir possessif, douloureux, insatisfait : "J'aurais voulu manger les fleurs, me gaver de beauté" , elle dit éprouver soudain devant la beauté une jouissance aussi intense, mais détachée. "Cette rage de possession vient de me quitter... et désormais libre, tout m'appartient." En même temps viennent ses premières déclarations d'amour à la vie, telle qu'elle est, et passe : " Aujourd'hui, je vis pleinement, la vie vaut d'être vécue et si j'apprenais que je dois mourir demain, je dirais : dommage, mais je ne regrette rien."

Etty Hillesum